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Actualités scientifiques

Le mécanisme d’action d’un traitement du psoriasis dévoilé

L'association calcipotriol/corticostéroïde perturbe efficacement une boucle de rétroaction positive dans l'inflammation du psoriasis en plaques à deux endroits clés : le calcipotriol agit sur les kératinocytes cutanés pour supprimer l'IL-36 par le récepteur de la vitamine D (VDR), tandis que le corticostéroïde agit sur les cellules immunitaires pour supprimer l'IL-23/IL-17.

Disrupting the IL-36 and IL-23/IL-17 loop underlies the efficacy of calcipotriol and corticosteroid therapy for psoriasis.

German B(1)(2)(3)(4), Wei R(1)(2)(3)(4), Hener P(1)(2)(3)(4), Martins C(5), Ye T(1)(2)(3)(4), Gottwick C(6), Yang J(6), Seneschal J(5), Boniface K(5), Li M(1)(2)(3)(4).

JCI Insight 24 janvier 2019


24 janvier 2019

Caractérisée par une inflammation de la peau, le psoriasis est l'une des affections cutanées chroniques complexes les plus courantes, touchant 1 à 3 % de la population mondiale. Dans cette étude, l'équipe de Mei Li à l'IGBMC (CNRS/INSERM/Université de Strasbourg) a révélé pourquoi le calcipotriol, un analogue de la vitamine D3, en association avec des corticostéroïdes, est un traitement thérapeutique efficace du psoriasis en plaques. Publiée le 24 janvier 2019, dans JCI Insight, cette découverte fournit de nouvelles perspectives pour le développement de traitements plus puissants et mieux ciblés pour le psoriasis.

 

Dans sa forme la plus courante, le psoriasis se manifeste sous la forme de plaques rouges, inflammatoires et écailleuses, recouvertes d'une accumulation blanche argentée de cellules de peau mortes et apparaît le plus souvent sur le cuir chevelu, les genoux, les coudes et le bas du dos. Si la cause exacte du psoriasis en plaques est inconnue il est établit que le système immunitaire, les facteurs environnementaux et les antécédents familiaux peuvent tous jouer un rôle. Plus récemment, les scientifiques ont montré que l’interaction entre les cellules de l'épiderme, appelées kératinocytes, et les cellules immunitaires occupe une place centrale dans le développement du psoriasis : les kératinocytes produisent des molécules appelées cytokines qui participent à une réponse immunitaire inadaptée, et les cellules immunitaires ainsi activées stimulent la prolifération et la différenciation anormale des kératinocytes en retour. Depuis plus de vingt ans, le calcipotriol, un analogue de la vitamine D3, est utilisé pour traiter les patients atteints de psoriasis en plaques léger à modéré et a montré une certaine efficacité. Récemment, diverses études cliniques ont démontré que l'association du calcipotriol et de corticostéroïdes présente une efficacité excellente, supérieure à celle du calcipotriol seul, mais sans en identifier la raison. Sur la base de l'investigation clinique, les études de l'équipe de Mei Li ont maintenant mis en évidence un mécanisme sous-jacent à l'action de cette combinaison thérapeutique.

 

À l'aide d'un modèle expérimental de psoriasis et d'outils génétiques chez la souris, les chercheurs ont révélé que, contrairement à ce que l'on croyait auparavant, le calcipotriol agit sur son récepteur (récepteur de la vitamine D, VDR) dans les kératinocytes pour supprimer la production d’une molécule signature du psoriasis, la cytokine IL-36. Cette action a pour effet de réduire par la suite les cytokines IL-23 et IL-17 produites par les cellules immunitaires dans cette maladie. En collaboration avec des chercheurs cliniciens, ils ont démontré la pertinence clinique de leurs résultats en effectuant des études à l'aide de biopsies de patients atteints de psoriasis et de cellules humaines. Leurs recherches ont également montré que le traitement combiné calcipotriol/corticostéroïde abolit efficacement la boucle de rétroaction positive de l'IL-36-IL-23/IL-17 à deux nœuds clés : dans les kératinocytes (IL-36) par l'action du calcipotriol et dans les cellules immunitaires (IL-23/IL-17) par celle du corticostéroïde.

 

Cette étude permet de mieux comprendre les effets thérapeutiques du calcipotriol dans le traitement du psoriasis en plaques, et fournit en particulier une explication du mécanisme menant à l'efficacité supérieure de l'association calcipotriol/corticostéroïde. Il favorise le concept de cibler la boucle inflammatoire IL-36-IL-23/IL-17 pour améliorer l'efficacité du traitement et prévenir les récidives. Ce concept permettra d'élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques non seulement pour le psoriasis, mais aussi pour d'autres maladies inflammatoires et auto-immunes dans lesquelles cette boucle inflammatoire est impliquée.

 

Cette étude a été soutenue par les bourses de l'ANR, le Labex-INRT, la Fondation pour la recherche médicale (FRM), le programme conjoint de l'USIAS (Institut des hautes études de l'Université de Strasbourg) et le FRIAS (Institut des hautes études de Freiburg).

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