Contact

Delphine Duteil, chercheuse Inserm spécialisée dans les récepteurs aux hormones stéroïdiennes dans le muscle squelettique

Actualités |

En décembre 2021, Delphine Duteil, chercheuse Inserm à l'IGBMC, obtient son Habilitation à diriger des recherches (HDR). Travaillant sur le rôle des récepteurs aux hormones stéroïdiennes dans le muscle squelettique, ce diplôme est l'occasion pour nous de vous présenter son parcours et ses recherches au sein de l'équipe de Daniel Metzger.

Tout d'abord, au cours de sa thèse, ses travaux de recherche ont porté sur l’étude du rôle de différents récepteurs nucléaires et de leur co-régulateurs dans le muscle squelettique. La chercheuse a notamment mis en lumière que les récepteurs des glucocorticoïdes (GR), des androgènes (AR) et des proliférateurs des péroxisomes (PPARb) ont un effet sur la masse et la force musculaire, mais aussi sur le type de fibres qui composent les muscles. Ces récepteurs peuvent interagir avec les co-régulateurs de la famille p160 dans le contrôle de l’obésité et du diabète de type 2.

Delphine s’est ensuite intéressée aux modifications épigénétiques, qui correspondent à des changements dans l’activité des gènes, n’impliquant pas de modification de la séquence d’ADN mais des protéines autour desquelles est enroulée l’ADN, les histones. Son attention s’est portée plus particulièrement sur le facteur LSD1, une déméthylase des histones que l’on retrouve dans la plupart des tissus dont les muscles et le tissu adipeux. Elle a mis en évidence que ce dernier n’interagissait pas avec le même facteur de transcription en fonction du type cellulaire, et que LSD1 pouvait être impliqué dans :

  • la régulation thermique ;
  • le stockage de graisse ;
  • l’oxydation des acides gras ainsi que des glucides.

Actuellement, elle se concentre sur l’action des glucocorticoïdes et des androgènes dans les muscles. Notamment, Delphine s’intéresse à ce qu’il se joue au niveau moléculaire. Elle a participé à démontrer que :

  • Le récepteur des glucocorticoïdes collabore avec MYOD1 pour réguler l’expression des gènes impliqués dans la voie anti-anabolique, qui bloque la production de protéines dans les fibres musculaires.
  • Le récepteur des androgènes joue un rôle prépondérant dans la régulation du métabolisme, des acides aminées, des sucres et des lipides.

Désormais, la scientifique compte détailler les mécanismes moléculaires sous-jacent à ces processus. En collaboration avec l’équipe d’Isabelle Billas, Delphine étudie également la structure des domaines de liaison du récepteur des glucocorticoïdes lorsqu’il est lié à un fragment d’ADN cible.

L’Habilitation à diriger des recherches, obtenue par Delphine, vient aussi officialiser son implication dans le co-encadrement d’une étudiante en thèse, Kamar Ghaibour, qui travaille sur l’effet des androgènes dans la régénération des muscles squelettiques.

Légende : Organigramme décrivant le groupe dirigé par Delphine Duteil ainsi que les thématiques qui composent son sujet de recherche actuel.

Le projet de recherche qu’elle souhaite maintenant développer, avec le concours du Dr. Qingshuang Cai, porte sur la modulation de l’activité des récepteurs nucléaires en jouant sur celle de leurs co-régulateurs. En particulier, Delphine s’intéresse au co-régulateur LSD1 et son effet sur l’atrophie musculaire induite par une prise de glucocorticoïdes. Pour le moment, des traitements à long terme par les glucocorticoïdes provoquent des effets secondaires néfastes pour le patient dont l’atrophie musculaire. Pour réduire ces derniers, une piste à envisager serait de plutôt cibler les co-régulateurs du récepteur des glucocorticoïdes. Ce projet de recherche dirigé par Delphine pourrait alors déboucher sur de nouvelles pistes de traitements pour atténuer ces effets indésirables.