L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (IA) AU SERVICE DE LA SANTE DE DEMAIN.
L’intelligence artificielle (IA) est devenue un outil clé de la recherche. Capable d’analyser d’immenses volumes de données, elle ouvre de nouvelles pistes que trois chercheurs soutenus par la Fondation de France explorent chacun à leur manière.

À l’IGBMC de Strasbourg, Gabriel Malouf, oncologue médical et responsable de l’équipe Oncologie moléculaire et translationnelle, s’appuie sur l’IA pour mieux comprendre le cancer du rein. Son objectif : décrypter pourquoi certains patients répondent bien à l’immunothérapie, tandis que d’autres développent des résistances ou des effets secondaires. Pour cela, son équipe traite jusqu’à deux millions de données par tumeur.
À Paris, la professeure Karine Clément, directrice du laboratoire Nutriomique (Inserm/Sorbonne Université) et médecin à la Pitié-Salpêtrière, explore le rôle du microbiote intestinal dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Grâce à l’intelligence artificielle, elle analyse les 100 000 milliards de bactéries qui peuplent nos intestins pour identifier celles susceptibles d’influencer le développement de telles pathologies.
À Lille enfin, le professeur Ali Amad, praticien hospitalier et enseignant à la faculté de médecine, pilote le projet CALYPSO, dédié à l’étude des maladies psychiatriques. Son équipe utilise l’IA pour analyser les expressions du visage, la voix ou encore la posture de patients atteints de dépression. L’objectif : affiner le diagnostic, adapter plus vite les traitements et mieux anticiper les risques de rechute.
Si la puissance de calcul de l’intelligence artificielle impressionne, les chercheurs le rappellent : elle ne remplace ni l’intuition ni la rigueur scientifique. Comme le rappelle Gabriel Malouf : « L’IA est un outil pour répondre aux questions,mais elle ne générera pas de bonnes réponses si nous n’avons pas, au départ, des hypothèses et des questions scientifiques bien construites. »
Au croisement de la science des données, de la médecine et de la recherche fondamentale, une même conviction émerge : c’est de la rencontre entre l’humain et la machine que naîtront les découvertes de demain.
crédit photo : Cyril Marcilhacy